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Bagues · 25 septembre 2023

Bague rubis diamants or blanc : l'héritage d'une grand-mère

Bague rubis diamants or blanc : l'héritage d'une grand-mère

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Bagues

bague rubis ovale en serti griffes avec des diamants ronds de chaques cotés

Il y a des rendez-vous qui commencent par un écrin posé doucement sur l'établi. Ce jour-là, une cliente est venue me voir à l'atelier, à Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes, avec une bague ancienne qui venait de sa grand-mère. Elle me l'a tendue avec précaution, comme on confie quelque chose de fragile.

Je l'ai longuement observée sous la loupe. La monture montrait son âge : le métal était fatigué, la structure vieillissante, l'ensemble n'avait plus la tenue d'autrefois. Les pierres, en revanche, un rubis et des diamants, scintillaient avec la même intensité qu'au premier jour. Le temps avait usé le support, jamais la lumière.

Une bague de grand-mère, et l'envie de la faire vivre

La demande de ma cliente tenait en peu de mots. Elle ne voulait pas d'un bijou neuf qui aurait effacé l'ancien. Elle voulait que cette bague quitte le fond du tiroir, qu'elle soit portée, regardée, aimée. Autrement dit, la rendre plus moderne sans lui retirer son essence.

J'ai tout de suite compris que l'enjeu dépassait la technique. Dans mon métier de créateur, je rencontre souvent des histoires et des émotions attachées à chaque bijou, mais un bijou de famille pèse toujours un peu plus lourd dans la main. On ne le retouche pas, on le prolonge. Nous avons donc pris le temps d'en parler, de regarder ensemble ce qui devait rester (les pierres, bien sûr, et l'esprit de la bague) et ce qui pouvait changer : la monture.

Transformer une bague ancienne sans trahir son histoire

Pour transformer une bague ancienne, il faut d'abord écouter ce qu'elle raconte. Celle-ci parlait d'une grand-mère, d'une transmission, d'une couleur rouge profonde entourée de petits éclats blancs. J'ai proposé un or blanc, dont la teinte claire laisse le rubis occuper toute la place tout en donnant aux diamants une lumière plus vive, plus fraîche.

Ma cliente m'avait confié l'or nécessaire : celui de l'ancien support. Rien ne serait donc perdu, rien ne viendrait d'ailleurs. Le métal de la bague d'autrefois servirait à façonner celle d'aujourd'hui. Cette idée a beaucoup compté pour elle, et pour moi aussi. Il y a quelque chose de juste à savoir que la matière elle-même continue son chemin.

Les pierres, point de départ du dessin

Avant de tracer le moindre trait, j'ai posé les pierres sur ma table, sous une bonne lumière. Le rubis serait au centre, évidemment. Les diamants, plus petits, viendraient l'accompagner sans jamais lui faire concurrence. C'est toujours à partir d'elles que je dessine, jamais l'inverse.

Du dessin à la fonte : la naissance d'une monture en or blanc

J'ai opté pour un design épuré. L'idée était simple : mettre en valeur la pierre centrale, puis disposer les autres pierres autour d'elle avec un équilibre à la fois audacieux et délicat. Sur le papier, j'ai cherché les lignes, les courbes, la façon dont la bague s'installerait sur la main. Puis j'ai rectifié, simplifié, retiré encore un peu de matière visuelle. Une belle monture, c'est souvent celle dont on ne remarque plus la structure.

Vient ensuite l'étape où l'ancien laisse la place au nouveau. J'ai fondu l'ancien support. Quand le métal passe de la forme d'hier à l'état liquide, on mesure la part de symbole que contient ce geste. L'or a ensuite été soigneusement moulé pour donner naissance à la nouvelle monture. Je l'ai reprise à la main, limée, ajustée, affinée, jusqu'à obtenir la ligne moderne que j'avais en tête.

Dans mon atelier-boutique, tout se passe à vue ou presque. Les clients peuvent voir la fusion, la mise en forme et chaque étape de la transformation. Beaucoup me disent leur étonnement devant ces gestes que l'on imagine réservés à un autre temps. Pour moi, c'est une manière d'être honnête : un joaillier près de Nantes n'a rien à cacher de son travail.

Le sertissage du rubis et des diamants, geste après geste

Le sertissage est le moment que je préfère, et le plus exigeant. Chaque pierre doit trouver sa place exacte, tenir fermement, sans que le métal ne l'étouffe. Le rubis d'abord, au centre, est installé avec une attention particulière : c'est lui qui donne son âme à la bague. Puis les diamants, un à un, autour de lui. J'avance lentement, je vérifie, je recommence si la pierre n'est pas parfaitement dans l'axe.

La disposition retenue, à la fois franche et légère, apporte cette touche contemporaine que ma cliente espérait. Le rubis garde la vedette, les diamants jouent leur rôle de cortège lumineux. Rien ne cherche à en faire trop.

Reste le polissage. Je le fais en plusieurs passes, avec patience, jusqu'à ce que l'or blanc prenne un éclat net et régulier. C'est un travail discret : une fois terminé, il disparaît derrière le brillant du métal. Pourtant, c'est lui qui donne à la bague sa douceur au toucher, son confort au doigt, sa finition.

Au fil du projet, je voyais se dessiner non seulement une bague, mais le point de rencontre entre deux époques.

Une histoire familiale qui continue de vivre

Quand la bague a été terminée, je l'ai installée dans son écrin et j'ai attendu la visite de ma cliente. Je ne me lasse pas de ces instants où l'on découvre, d'un seul regard, ce qui a été créé en son absence. Le rubis, les diamants, l'or blanc : tout était là, familier et pourtant neuf. Les pierres de sa grand-mère n'avaient pas changé, mais elles semblaient avoir trouvé un nouvel écrin à leur mesure.

Cette bague est devenue le symbole d'une histoire de famille qui n'est pas figée dans le passé. Elle continue de vivre, avec une touche d'aujourd'hui, au doigt de celle qui l'a reçue en héritage. C'est, je crois, la plus belle façon de respecter une mémoire : lui donner un présent.

Chaque bijou qui sort de mon atelier raconte une histoire, grâce au temps que nous consacrons à chaque pierre et à chaque gramme d'or. Transformer, réinventer, créer : voilà ce qui anime mes journées de joaillier.

Si vous avez, vous aussi, une bague ou un bijou ancien dont la monture a vieilli mais dont les pierres vous sont chères, venez me le montrer à l'atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire. Nous le regarderons ensemble, tranquillement, et nous verrons ce qu'il peut devenir.