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Chevalières · 3 juin 2024

Chevalière or jaune sur mesure Nantes : un Napoléon au doigt

Chevalière or jaune sur mesure Nantes : un Napoléon au doigt

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Chevalières

chevaliere travaillé en or jaune 18 carats serti d un napoléon 20 francs

Une demande précise, à l'atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire

Certains clients poussent la porte de l'atelier avec un projet déjà bien net dans la tête. Celui dont je vous parle aujourd'hui était de ceux-là. Il tenait entre ses mains des morceaux d'or, les restes de plusieurs bijoux anciens qu'il ne portait plus, et il savait exactement ce qu'il voulait en faire : une chevalière or jaune sur mesure, pour homme, avec en son centre une pièce de 20 francs Napoléon tête laurée.

Il m'a expliqué d'où venait cet or, sans emphase. Des bijoux accumulés avec le temps, qui n'avaient plus leur place à son doigt ni à son cou, mais dont il ne pouvait pas se résoudre à se séparer pour de bon. Les vendre lui paraissait étrange. Les laisser au fond d'un tiroir, un peu triste aussi. Il cherchait une troisième voie, et c'est là que j'ai compris que nous allions faire un joli travail ensemble.

Dans mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes, cette démarche n'est pas rare, mais elle me touche à chaque fois. Réutiliser l'or que l'on possède déjà, c'est prolonger une histoire plutôt que de la refermer. Nous avons posé les morceaux sur l'établi, puis nous avons parlé de la taille du doigt, de la place de la pièce, du poids que la bague devait avoir dans la main.

Le Napoléon tête laurée, une pièce qui porte l'histoire

Un mot sur la pièce elle-même, pour ceux qui ne la connaissent pas. Le Napoléon tête laurée est une pièce d'or frappée en France sous le règne de Napoléon III. On l'appelle aussi Napoléon d'or. Elle pèse environ 6,45 grammes, ce qui se sent dans la paume. Le profil de l'empereur y est couronné de laurier, d'où son nom.

Réaliser une chevalière pièce de 20 francs demande un vrai respect de l'objet. Il ne s'agit surtout pas de fondre la monnaie : elle doit rester entière, lisible, avec son relief et son éclat. La chevalière devient son écrin. Tout le travail consiste donc à lui construire une monture qui la mette en valeur sans jamais la dominer, ni lui faire le moindre tort.

Mon client la regardait avec une sorte de tendresse. Elle serait le point focal du bijou, l'élément autour duquel tout le reste s'organiserait. Je crois que c'est à ce moment-là que la forme de la future chevalière a commencé à se dessiner dans mon esprit.

Du dessin à la fonte : fabriquer une chevalière homme en or 18 carats

La première étape a été de fondre les morceaux d'or de mon client pour obtenir un alliage d'or jaune 18 carats, homogène et prêt à être travaillé. J'aime ce moment. Des fragments d'origines diverses se mêlent dans le creuset et ne forment plus qu'un seul métal, d'une couleur uniforme. Ce bijou en or de récupération prend alors une autre dimension : l'or ancien n'a pas disparu, il a simplement changé de visage.

Est venu ensuite le temps du dessin. Je l'ai pensé en gardant toujours en tête la taille de la pièce et l'ajustement parfait au doigt de mon client. Une chevalière d'homme doit avoir de l'allure, bien sûr, mais elle doit aussi se faire oublier au quotidien : un intérieur bien arrondi, des bords qui ne blessent pas, une assise qui ne tourne pas sur la main. Chaque détail a été mesuré, de la largeur de la pièce jusqu'à l'épaisseur de l'anneau.

Le façonnage, geste après geste

Avec des techniques de joaillerie traditionnelles, l'or a été modelé pas à pas. Le métal a été travaillé, limé, repris, jusqu'à atteindre la forme désirée. Chaque courbe et chaque angle ont demandé de la précision, car une chevalière homme en or 18 carats doit être agréable à regarder, mais aussi solide, pensée pour durer.

La pièce a ensuite été placée au centre et ajustée dans sa monture. C'est l'étape qui exige le plus de calme. Un geste trop appuyé, et l'on abîme ce que l'on voulait honorer. Je prends mon temps, je vérifie, je reprends si c'est nécessaire, jusqu'à ce que la pièce tienne parfaitement et qu'aucun jeu ne subsiste.

Le polissage, puis la remise de la chevalière

Reste le polissage, que j'apprécie comme on apprécie la dernière relecture d'une lettre. Les surfaces s'adoucissent, les traces d'outils s'effacent, et la lumière commence à glisser sur l'or jaune. À ce stade, la chevalière n'est plus un projet : elle existe, avec son poids, sa chaleur, sa présence.

Lorsque mon client est revenu à l'atelier, je lui ai remis le bijou. Il l'a enfilé, a tourné la main dans la lumière, et son regard m'a suffi. Il n'a pas eu besoin de grande phrase, moi non plus. Voir de vieux morceaux d'or, longtemps restés dans l'ombre, réunis dans une seule pièce qu'il porterait désormais chaque jour : voilà ce qui rend mon métier si beau.

Comme l'or venait de lui, il n'a réglé que la main-d'œuvre. Je trouve cela juste : la matière avait déjà sa valeur, au savoir-faire de faire le reste. Cette chevalière n'est donc pas seulement un anneau d'or jaune 18 carats. C'est un objet chargé d'histoire personnelle et de valeur sentimentale, et cette expérience m'a profondément satisfait.

En parler à l'atelier, près de Nantes

Si vous avez, vous aussi, de vieux bijoux au fond d'un tiroir ou une pièce d'or à laquelle vous tenez, venez m'en parler à l'atelier, à Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. Nous regarderons ensemble ce qu'ils peuvent devenir, sans hâte. Parfois, une simple conversation autour de l'établi suffit à faire naître une idée.