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Colliers · 4 août 2026

Collier émeraude or blanc sur mesure Nantes : noces d'émeraude

Collier émeraude or blanc sur mesure Nantes : noces d'émeraude

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Colliers

Collier en or blanc 18 carats avec cinq émeraudes rondes naturelles, création artisanale signée Maupas Sehikyan, au style intemporel.

Certaines commandes commencent par un silence. Un client a poussé la porte de mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes, avec une phrase simple à dire et lourde à porter : son épouse et lui allaient fêter 40 ans de mariage. Il voulait lui offrir un collier émeraude or blanc sur mesure, à la hauteur de ces quatre décennies. Je vous raconte comment ce bijou est né.

Les noces d'émeraude : la demande d'un mari attentionné

En France, quarante ans de mariage portent un nom : les noces d'émeraude. Mon client le savait, mais ce n'est pas la tradition qui le guidait. Il cherchait une pièce capable de condenser toute leur histoire : les rencontres, les épreuves surmontées, les enfants nés, les projets menés ensemble. Un cadeau générique n'avait aucune place dans sa démarche.

Nous avons longuement parlé, lui et moi. Son épouse aime la discrétion et le raffinement, alors rien d'ostentatoire. Le collier s'est imposé presque de lui-même : posé près du cœur, il dit mieux que tout autre bijou le lien intime d'un couple. Elle pourrait le porter chaque jour, comme un rappel silencieux de leur union.

Restait à décider de la composition. Je lui ai proposé cinq émeraudes, une pour chaque étape de leur vie commune : la rencontre, les jeunes années, la vie de famille, la maturité, la sagesse retrouvée. Il a souri. L'idée était posée, et je savais déjà que je prendrais plaisir à la dessiner.

Pourquoi l'émeraude, et pourquoi le serti clos

Avant de toucher au métal, j'ai pris le temps d'expliquer à mon client ce qu'est cette pierre. L'émeraude appartient au cercle très fermé des quatre pierres précieuses, aux côtés du diamant, du saphir et du rubis. Variété rare du béryl, elle doit sa couleur verte à la présence de chrome et de vanadium dans sa structure cristalline. Le béryllium se forme dans la croûte terrestre, le chrome vient du manteau profond : leur rencontre, rendue possible par de violents mouvements tectoniques, explique pourquoi l'émeraude est si rare.

La Colombie reste le premier pays producteur, avec environ 50 % de la production mondiale. Les mines de Muzo, de Chivor et de Coscuez y donnent certaines des plus belles pierres qui soient. Les Incas, dit-on, portaient déjà des émeraudes lors de leurs cérémonies il y a plus de 500 ans, et les couronnes d'Europe ont fini par l'adopter. Elle symbolise l'espoir, l'équilibre, la sérénité et la fidélité : difficile de rêver mieux pour des noces d'émeraude.

Un jardin dans chaque pierre

Avec une dureté de 7,5 à 8 sur l'échelle de Mohs, l'émeraude paraît solide. Elle reste pourtant fragile, car elle renferme souvent des inclusions internes que les gemmologues appellent, avec poésie, des « jardins ». Ces jardins sont le signe d'une pierre authentique : chacune possède le sien, aussi unique qu'une empreinte digitale. Mais ils la rendent sensible aux chocs.

Le serti clos, un écrin protecteur

C'est pourquoi j'ai choisi le serti clos. Cette technique enveloppe la pierre dans une fine bande de métal continue, qui protège ses angles et ses bords. Le serti à griffes laisse passer davantage de lumière, mais il expose la gemme. Pour un collier destiné à être porté tous les jours, la protection comptait plus que tout.

Du croquis au choix des matériaux

Le carnet est sorti, et les croquis se sont succédé. Le modèle retenu aligne les cinq émeraudes en léger arc de cercle au centre du collier, chacune dans son serti clos, reliées par une fine chaîne forçat en or blanc. Mon client a validé le dessin sans hésiter.

Négociant en pierres précieuses, j'ai la chance de choisir moi-même mes gemmes à la source. J'ai sorti de mon stock cinq émeraudes rondes, de calibres identiques, d'un vert profond et harmonieux. Toutes viennent des mines de Muzo. Je les ai examinées une à une à la loupe x10 : couleur, pureté, calibrage, homogénéité. Dans une ligne de cinq pierres, la moindre différence de teinte se verrait aussitôt.

Pour le métal, l'or blanc 18 carats s'est imposé : un alliage de 75 % d'or pur, enrichi de palladium, sobre et lumineux. Un bain de rhodium final lui donne son éclat, et son contraste avec le vert des émeraudes les met en valeur sans les écraser.

La fabrication à l'atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire

Tout a été réalisé à la main, sur place, dans mon atelier au sud de Nantes. Chaque bijou sur mesure demande ce temps-là, et celui-ci n'a pas fait exception.

J'ai d'abord fondu l'or blanc en lingot. Le métal a été porté à environ 1 064 °C, sa température de fusion, puis purifié au borax et coulé. Le lingot a ensuite été laminé en plaque et étiré au banc pour obtenir les sections nécessaires.

Les cinq sertis ont été façonnés un par un. Pour chacun, j'ai découpé une fine bande d'or à la scie bocfil, puis je l'ai cintrée à la pince autour d'un gabarit rond parfaitement calibré, avant de la braser en cercle. Ici, la précision se compte en millimètres : une variation de diamètre entre deux sertis serait immédiatement visible. Je les ai ensuite brasés en arc de cercle, avec un espacement rigoureusement identique, car le rythme de la ligne fait l'harmonie du collier.

La chaîne forçat est née d'un fil rond patiemment étiré au banc. Chaque maillon a été façonné, cintré, puis soudé un à un. C'est un travail long, mais c'est lui qui donne à la chaîne sa souplesse et sa solidité. Les extrémités de la barrette centrale ont été soudées à cette chaîne, et un fermoir mousqueton a été monté à l'arrière.

Est venu le moment que je prépare avec le plus de calme : le sertissage. Chaque émeraude a été installée dans son serti clos. J'ai rabattu la fine bande d'or sur le feuilleti de la pierre avec mon onglette, par une pression douce et progressive. Avec une émeraude, la moindre brusquerie peut fissurer la gemme.

Le collier a enfin été poncé, puis poli au feutre et au coton, avant de recevoir son bain de rhodium.

La remise du collier

Lorsque mon client est revenu chercher le bijou, il n'a presque rien dit. Son émotion parlait pour lui. Il tenait entre ses mains quarante ans d'amour, cinq pierres vertes alignées sur l'or blanc, et je crois qu'il y voyait chaque étape de leur vie. Ce jour-là, j'ai mesuré une fois de plus pourquoi j'aime ce métier : un bijou finit toujours par raconter une histoire plus grande que lui.

Si vous avez, vous aussi, un anniversaire de mariage ou un souvenir à célébrer, venez m'en parler à l'atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. Nous prendrons le temps d'imaginer ensemble le bijou qui lui ressemblera.