Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Créations



Certains bijoux se créent pour une date. D'autres naissent pour dire ce que les mots peinent à porter. Celui-ci appartient aux seconds : un collier or rose diamants sur mesure, imaginé par une cliente fidèle pour sa fille, à l'occasion de la naissance de son premier enfant. Je l'ai fabriqué entièrement à la main, dans mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. Voici comment il a vu le jour.
Une grand-mère, un sachet de bijoux et un projet de collier or rose
Ce jour-là, j'ai vu entrer à l'atelier une cliente que je connais depuis plusieurs années. Elle rayonnait. Sa fille venait d'accoucher d'un petit garçon, et elle devenait grand-mère pour la première fois. Avant même de s'asseoir, elle m'a dit qu'elle voulait marquer le coup, mais pas avec n'importe quel cadeau.
Son idée était belle : offrir à sa fille un bijou qui dirait le passage d'un état à l'autre, celui de la jeune femme qui devient mère. Un bijou pour la fierté, pour l'amour transmis, pour la continuité d'une famille.
Elle a posé sur mon établi un petit sachet. À l'intérieur, une chaîne cassée, deux bagues qu'elle ne portait plus et quelques petits diamants gardés au fil des années. Tout était en or rose 18 carats. « Je voudrais que ce soit fait avec mon or », m'a-t-elle simplement dit. Je me souviens d'avoir pris le sachet avec précaution, comme on prend quelque chose de plus lourd que son poids.
Nous avons longuement parlé de sa fille. Elle aime les lignes épurées, contemporaines, féminines. Elle porte peu de bijoux, mais elle choisit bien ceux qu'elle porte. Il fallait donc un collier discret, que l'on garde au quotidien, et qui sache pourtant affirmer sa présence.
Le pendentif cercle de diamants : un symbole qui s'est imposé
Le cercle est venu tout seul dans la conversation. Il n'a ni début ni fin : il parle d'éternité, d'union, de cycle. Dans une famille où une nouvelle vie s'ajoute à la chaîne des générations, il m'a semblé juste. Je l'imaginais relier la grand-mère à sa fille, la fille à son enfant, comme une boucle familiale portée contre la peau.
J'ai sorti mon carnet et dessiné plusieurs croquis. Nous avons retenu un pendentif cercle diamants en or rose, entièrement serti en grains, comme une petite couronne de lumière suspendue à une fine chaîne forçat assortie. Elle a validé le dessin presque tout de suite.
Restait à choisir les pierres. Les diamants venaient des bijoux de la mère, et je les ai triés un à un à la loupe x10 : pureté, couleur, calibrage. Pour un cercle continu, aucune pierre ne doit se détacher des autres. L'œil doit glisser sur l'ensemble sans jamais s'arrêter sur un défaut. Le diamant, rappelons-le, est le minéral le plus dur que l'on connaisse (10 sur l'échelle de Mohs). Sa taille brillant à 57 facettes renvoie la lumière avec une grande intensité, ce qui convient bien à un cercle destiné à briller discrètement au creux du cou.
Quant à l'or rose 18 carats, c'est un alliage de 75 % d'or pur, enrichi de cuivre et d'une pointe d'argent. Sa teinte chaude dialogue joliment avec le blanc des diamants et convient à la douceur du moment.
De l'or de famille au collier or rose 18 carats : le travail à l'atelier
Tout a été réalisé sur place, à Saint-Sébastien-sur-Loire. J'ai commencé par la fonte. Chaque pièce du sachet a été pesée et contrôlée, puis fondue autour de 1 064 °C. Le métal a été purifié au borax, puis coulé en lingot. Je l'avoue, ce moment me touche à chaque fois : plusieurs bijoux distincts, chacun avec sa petite histoire, deviennent une seule et même matière, prête à servir la génération suivante.
Le cercle, la chaîne et les griffes de lumière
Le lingot a été laminé en plaque, puis étiré au banc pour obtenir les sections dont j'avais besoin. Dans cette plaque, j'ai découpé à la scie bocfil un anneau plat, d'épaisseur constante. Je l'ai ensuite repris à la lime aiguille, contour après contour, jusqu'à une rondeur parfaite. Sur un motif aussi pur, la moindre irrégularité se verrait tout de suite.
Les logements des diamants ont été creusés à la fraise conique, tout autour du cercle, à intervalles réguliers. C'est un travail de précision au millimètre : les pierres doivent se répartir sur toute la circonférence sans le moindre décalage.
La chaîne forçat, elle, est partie d'un fil rond étiré patiemment au banc. Chaque maillon a été façonné, cintré, puis soudé un à un. C'est long, mais c'est ce qui donne à la chaîne sa souplesse et sa solidité.
Le sertissage en grains
Est venu ensuite le moment que je préfère : le sertissage. Chaque diamant a été déposé dans son logement, puis serti en grains avec l'échoppe et le perloir. Plusieurs heures de concentration, sans parler, presque sans respirer. Chaque grain doit être parfaitement formé, car c'est lui qui tient la pierre.
J'ai relié le pendentif à la chaîne par un fin anneau et monté à l'arrière un fermoir mousqueton en or rose. Pour finir, le collier a été poncé, puis poli au feutre et au coton. L'or a alors révélé toute sa chaleur, et le cercle toute sa brillance continue.
La remise du bijou de naissance : une émotion qui parlait pour elles
Ce bijou de naissance a été offert à la jeune maman quelques jours après l'arrivée de son fils. Je n'étais pas là, mais ma cliente m'a raconté la scène. Sa fille a ouvert l'écrin, a regardé le cercle, puis sa mère. Aucune des deux n'a vraiment trouvé ses mots, et ce n'était pas nécessaire : leur émotion disait tout.
Depuis, la jeune femme porte autour du cou la trace visible d'une lignée qui se prolonge. L'or de sa mère, les pierres de sa mère, et au centre, ce cercle sans fin qui rappelle que l'histoire continue avec son enfant.
Si vous aussi vous avez un moment à marquer, ou de vieux bijoux qui dorment dans un tiroir et que vous aimeriez voir renaître, venez en parler à mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. Nous prendrons le temps de discuter, autour d'un café et d'un carnet de croquis, et nous verrons ensemble ce que votre histoire a envie de devenir.





