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Bagues · 8 juin 2026

Bague solitaire accompagné en or blanc à Nantes : un cadeau à soi

Bague solitaire accompagné en or blanc à Nantes : un cadeau à soi

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Bagues

Bague raffinée en or blanc avec diamant taille brillant et détails pavés

Certaines créations marquent un tournant. Celle-ci, une bague solitaire accompagné en or blanc portée par un diamant taille princesse, est née le jour où une cliente a poussé la porte de mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes, un coffret en cuir serré contre elle. Je vous raconte son histoire, de la première esquisse jusqu'au dernier coup de polissage.

Une cliente, un coffret et l'envie de s'offrir un bijou

Elle a ouvert le coffret sur mon établi. À l'intérieur : des bagues anciennes, des chaînes cassées et quelques diamants récupérés au fil des années. Tout cela dormait dans un tiroir depuis trop longtemps. Elle le savait, et cela la peinait un peu.

Son souhait était net, et profondément personnel. Elle approchait de la cinquantaine, une étape symbolique, et voulait la marquer à sa manière. Plutôt que d'attendre un cadeau, elle avait décidé de s'en faire un à elle-même : une pièce maîtresse, à porter tous les jours, qui lui ressemble et qui célèbre sa propre histoire. Je dois avouer que cette phrase m'a touché.

Nous avons ensuite longuement parlé de son style. Des lignes pures, des formes géométriques, une élégance discrète : le diamant rond classique ne lui parlait pas. Elle cherchait quelque chose de plus moderne, de plus architectural. Quand j'ai sorti de mon stock plusieurs diamants taille princesse, ses yeux se sont illuminés aussitôt.

Le projet s'est alors précisé. Ce serait un solitaire accompagné, c'est-à-dire un solitaire dont la pierre centrale est mise en valeur par des diamants secondaires, placés sur les épaulements. Côté métal, l'or blanc 18 carats rhodié s'est imposé presque tout seul. J'ai pris mon carnet et tracé plusieurs croquis. Le modèle retenu a une silhouette épurée : un diamant princesse en serti griffes à quatre branches au centre, encadré par deux épaulements pavés de diamants en serti grains. Elle a validé le dessin sans hésiter.

Le diamant taille princesse et l'or blanc 18 carats

Avant de lancer la fabrication, je prends toujours le temps d'expliquer à mes clients ce qu'ils vont porter. Cette fois encore, j'ai parlé de la taille princesse.

Une taille récente, pensée pour la lumière

La taille princesse compte parmi les plus récentes de la joaillerie. Elle a été mise au point dans les années 1980 par deux diamantaires israéliens, Betzalel Ambar et Israel Itzkowitz, à partir de la taille Barion brevetée en 1971. Devenue la deuxième forme la plus vendue au monde, juste derrière le rond brillant, elle compte entre 57 et 76 facettes. Vue de dessus, elle dessine un carré ; vue de profil, une pyramide inversée. Cette structure disperse la lumière avec un éclat résolument moderne.

Elle a aussi un avantage économique : à poids égal, un diamant princesse coûte environ 30 % de moins qu'un brillant rond. La raison tient au rendement de la taille, d'environ 60 % de la matière brute, contre 25 à 30 % pour le rond.

Protéger les angles, choisir le bon métal

Mais cette forme a une faiblesse : ses quatre angles pointus craignent les chocs. Le sertissage doit donc les protéger, et le serti griffes à quatre branches, qui enveloppe chaque coin, en est la meilleure réponse. Avant tout montage, j'ai examiné le diamant central à la loupe x10 : pureté, couleur, calibrage, intégrité des angles. Les petits diamants issus de ses anciens bijoux ont ensuite été triés et calibrés pour les épaulements.

Quant à l'or blanc 18 carats, il contient 75 % d'or pur, associé à d'autres métaux blancs comme le palladium ou l'argent. Sa teinte naturelle, légèrement grisée, est révélée par un bain de rhodium qui lui donne son blanc miroir.

La fabrication sur mesure dans mon atelier

Vient la phase technique. Tout a été réalisé ici, dans mon atelier, sans intermédiaire. C'est pour moi la partie la plus silencieuse et la plus absorbante du métier.

J'ai d'abord fondu l'or blanc 18 carats récupéré sur ses anciens bijoux. Porté à 1 064 °C, le métal a été purifié puis coulé en lingot propre. Je l'ai laminé en plaque, puis étiré au banc pour obtenir le fil nécessaire au jonc. Une partie de son passé devenait ainsi la matière de sa bague sur mesure.

Le corps de la bague a été découpé à la scie bocfil, cintré au triboulet pour épouser exactement son tour de doigt, puis brasé en anneau. Les épaulements, légèrement amincis vers les côtés, créent cette pente qui guide le regard vers le diamant central.

J'ai ensuite construit la monture. Les quatre griffes, façonnées dans un fil rond, ont été ajustées une à une à la lime aiguille. Chacune doit couvrir un angle du diamant princesse : la précision se mesure ici en fractions de millimètre. Pour le pavage, j'ai creusé les logements des petits diamants à la fraise conique, après avoir planifié le rythme des pierres afin que l'alignement soit parfait.

Puis est venu le moment du sertissage, celui que l'on ne reprend pas. Le diamant princesse a été déposé dans son écrin, et les griffes rabattues à l'onglette. La pression doit bloquer la pierre sans jamais fissurer ses angles fragiles. Les pointes ont été boulées à la fraise cloche pour un fini net. Les diamants des épaulements, eux, ont été montés en serti grains, à l'échoppe et au perloir, et forment cette ligne lumineuse qui prolonge la pierre centrale.

La bague a enfin été poncée, polie au feutre puis au coton, avant de recevoir son bain de rhodium.

La remise de la bague : un sourire qui valait toutes les confirmations

Quand ma cliente a découvert sa bague, elle n'a presque rien dit. Son sourire valait toutes les confirmations. Cette bague solitaire accompagné sur mesure, née de la transformation de bijoux endormis dans un tiroir, marque désormais une nouvelle étape de sa vie. Elle la portera chaque jour, comme elle l'avait souhaité.

Si vous avez, vous aussi, des bijoux anciens qui attendent et l'envie de créer quelque chose qui vous ressemble, venez en parler à mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. Nous prendrons le temps de regarder ce que vous possédez, et d'imaginer ensemble la suite.