Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Bagues



L’histoire d’une bague art déco or blanc 18 carats avec topaze bleue taille émeraude et halo de diamants
Certaines créations conjuguent élégance intemporelle et budget maîtrisé. Cette bague art déco en or blanc 18 carats, ornée d’une magnifique topaze bleue taille émeraude de 10 par 8 mm en serti clos au centre et rehaussée d’un halo de diamants en serti grains, en est l’illustration parfaite. Elle est née d’un projet touchant : la transformation des anciens bijoux d’une cliente qui souhaitait une pièce dans l’esprit des Années folles. Entièrement fabriquée à la main dans mon atelier de joaillerie au 36 rue du Général De Gaulle, à Saint-Sébastien-sur-Loire, au sud de Nantes. Je vous propose de découvrir son histoire.
Le projet : une bague art déco à budget maîtrisé
Tout commence par une visite dans ma boutique-atelier. Ma cliente franchit le seuil avec un petit coffret contenant plusieurs bijoux anciens en or blanc 18 carats et quelques petits diamants récupérés au fil des années.
Son projet est précis. Elle est passionnée depuis toujours par l’esthétique des Années folles et le style art déco. Elle rêve d’une bague au design géométrique, avec une pierre centrale bleue rectangulaire. Elle souhaite toutefois maîtriser son budget — un beau spécimen d’aigue-marine dépasserait largement son enveloppe.
En tant que négociant en pierres précieuses, je lui propose une alternative parfaitement adaptée : une topaze bleue taille émeraude de 10 par 8 mm, à la couleur limpide très proche de celle d’une aigue-marine. La transparence est ma règle : je lui explique clairement qu’il s’agit d’une topaze, avec sa dureté de 8 sur l’échelle de Mohs et un traitement thermique ancestral unanimement accepté.
Je trace plusieurs croquis. Le modèle retenu présente la topaze enchâssée en serti clos au centre, entourée d’un halo hexagonal de petits diamants en serti grains aux angles adoucis. Le projet est validé.
La topaze bleue et le style art déco
Le style art déco est apparu officiellement en 1925, lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs à Paris. Né en réaction aux courbes de l’Art nouveau, ce courant prône la géométrie, la symétrie et l’épure. En joaillerie, il a produit certaines des créations les plus iconiques du XXᵉ siècle chez Cartier, Boucheron et Van Cleef & Arpels.
Les codes sont bien identifiés : lignes pures, formes géométriques, angles coupés, halo de diamants autour d’une pierre centrale colorée. Ces caractéristiques traversent les époques et restent indémodables.
La topaze est une pierre fine issue de la famille des fluorosilicates d’aluminium (Al₂SiO₄(F,OH)₂). Sa dureté de 8 sur l’échelle de Mohs en fait un choix idéal pour une bague portée au quotidien. La taille émeraude choisie — rectangle aux angles coupés — s’inscrit parfaitement dans les codes graphiques de l’art déco.
L’or blanc 18 carats, alliage composé de 75 % d’or pur enrichi de palladium, offre un écrin sobre et lumineux. Sublimé par un bain de rhodium final, il magnifie le contraste entre la blancheur des diamants et le bleu doux de la topaze.
La fabrication à la main au 36 rue du Général De Gaulle
Place à la phase technique. Tout a été réalisé sur place, à la main, dans mon atelier de joaillerie à Saint-Sébastien-sur-Loire.
J’ai commencé par fondre l’or blanc 18 carats récupéré sur les anciens bijoux. Le métal a été porté à environ 1 064 °C, sa température de fusion, puis purifié au borax et coulé. Le lingot a été laminé en plaque et étiré au banc.
Le corps de bague a été découpé à la scie bocfil, cintré au triboulet, puis brasé en anneau. Le plateau supérieur rectangulaire aux angles coupés — signature art déco — a été découpé en respectant scrupuleusement la géométrie du style.
La monture centrale destinée à la topaze a été construite à partir d’une fine bande d’or, cintrée à l’exact périmètre de la pierre pour former le serti clos. Les emplacements des diamants du halo ont été creusés à la fraise conique, dans un rythme parfaitement régulier.
Vient le sertissage. La topaze bleue a été délicatement enchâssée dans son serti clos à l’aide de mon onglette. Chaque diamant du halo a ensuite été monté en serti grains à l’échoppe et au perloir.
La bague a enfin été poncée, polie à la feutre et au coton, puis rhodiée. Vous aussi souhaitez une bague art déco sur mesure ? Poussez la porte de mon atelier au 36 rue du Général De Gaulle, à Saint-Sébastien-sur-Loire.





