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Créations · 5 août 2026

Bague art déco topaze bleue sur mesure près de Nantes

Bague art déco topaze bleue sur mesure près de Nantes

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Créations

Bague Art Déco en or blanc 18 carats avec topaze bleue et pavage de diamants, bijou de haute joaillerie réalisé par Maupas-Sehikyan.

Certains bijoux naissent d'un budget serré et d'un grand désir de beauté. Celui-ci en fait partie : une bague art déco topaze bleue en or blanc 18 carats, avec une pierre taille émeraude au centre et un halo de petits diamants aux angles adoucis. Je l'ai fabriquée entièrement à la main dans mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, au sud de Nantes, pour une cliente qui voulait retrouver l'esprit des Années folles. Voici son histoire.

Un coffret sur le comptoir : le projet d'une bague art déco à budget maîtrisé

Un jour, une cliente pousse la porte de mon atelier, un petit coffret entre les mains. Elle l'ouvre devant moi : deux bagues en or blanc 18 carats qu'elle ne porte plus, une chaîne cassée, quelques petits diamants gardés au fil des années. Ces bijoux, hérités ou accumulés, dormaient dans un tiroir. Elle y tenait, sans savoir quoi en faire.

Elle me parle alors de ce qui la fait vibrer depuis toujours : les Années folles et le style art déco. Elle imagine une bague géométrique, avec une pierre bleue rectangulaire au centre, dans l'esprit de ce que Cartier dessinait dans les années 1920 et 1930. Élégante, mais pas ostentatoire. Une bague pour tous les jours, pas pour une vitrine.

Elle pose pourtant une condition, avec franchise : son budget doit rester maîtrisé. Elle avait d'abord pensé à une aigue-marine. Mais un beau spécimen taillé en émeraude, de plus de deux carats, dépasserait largement son enveloppe. Le projet semblait pouvoir s'arrêter là. C'est à ce moment que mon métier de négociant en pierres m'a été précieux.

Topaze bleue Sky Blue ou aigue-marine : je lui explique la différence

Je lui ai présenté une alternative : une topaze bleue Sky Blue taillée en émeraude, aux dimensions généreuses, d'une couleur limpide très proche de celle de l'aigue-marine. Ma règle, c'est la transparence. Je lui ai donc dit clairement qu'il s'agissait d'une topaze et non d'une aigue-marine, en détaillant leurs vraies différences gemmologiques. Je lui ai aussi expliqué que ce bleu s'obtient par un traitement thermique ancestral, unanimement accepté.

Sa réponse fut immédiate. Pour elle, l'essentiel n'était pas le nom de la pierre, mais son rendu et sa cohérence avec le style qu'elle aime. Cette topaze bleue lui offrirait la même douceur chromatique, à une fraction du prix.

Quelques repères sur le style art déco

Le style art déco apparaît officiellement en 1925, à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris. Il naît en réaction aux courbes de l'Art nouveau et prône la géométrie, la symétrie, l'épure. La joaillerie en a tiré quelques-unes de ses pièces les plus marquantes du XXᵉ siècle, chez Cartier, Boucheron ou Van Cleef & Arpels. Ses codes sont faciles à reconnaître : lignes pures, rectangles, hexagones, angles coupés, et un halo de diamants autour d'une pierre colorée. Ils n'ont pas pris une ride, ce qui explique le succès constant de ces bagues.

Ce que la topaze apporte à une bague du quotidien

La topaze est un fluorosilicate d'aluminium, de formule Al₂SiO₄(F,OH)₂. Avec une dureté de 8 sur l'échelle de Mohs, elle compte parmi les minéraux les plus durs utilisés en joaillerie, ce qui la rend parfaitement adaptée à un bijou porté chaque jour. En France, le décret n° 2002-65 réserve l'appellation « pierre précieuse » au diamant, au rubis, au saphir et à l'émeraude : la topaze est une pierre fine. Cela n'enlève rien à sa beauté. Elle se décline en trois nuances principales, Sky Blue (un bleu ciel doux, celui que j'ai choisi), Swiss Blue (plus vif) et London Blue (plus profond). Sa dureté ne la protège toutefois pas de tout : elle garde une fragilité de clivage, et j'en ai tenu compte pour la monture.

Quant à l'or blanc 18 carats, c'est un alliage de 75 % d'or pur, enrichi de palladium. Il offre un écrin sobre et lumineux, qu'un bain de rhodium final vient parfaire pour mettre en valeur le contraste entre la blancheur des diamants et le bleu tendre de la topaze.

Du croquis au polissage : une bague fabriquée à la main à Saint-Sébastien-sur-Loire

J'ai sorti mon carnet et tracé plusieurs croquis devant elle. Le modèle retenu place la topaze au centre, en serti clos, entourée d'un halo hexagonal de petits diamants aux angles adoucis. Le corps de bague, dédoublé pour un effet contemporain, reçoit un pavage de diamants sur chaque branche. Elle a validé le dessin. Restait à tout fabriquer, sur place, dans mon atelier près de Nantes.

J'ai commencé par l'or. Les anciens bijoux ont été pesés, contrôlés, puis fondus, le métal étant purifié au borax et coulé en lingot propre. Cette étape me touche toujours : plusieurs pièces qui n'avaient plus de vie commune se fondent en une seule matière, prête à devenir autre chose. Le lingot a ensuite été laminé en plaque, puis étiré au banc pour obtenir les sections nécessaires.

Le corps de bague dédoublé a demandé un soin particulier. Deux branches distinctes ont été découpées à la scie bocfil, cintrées séparément au triboulet, puis assemblées en jonc partagé. Le plateau hexagonal a été découpé de la même façon dans une plaque fine, en respectant scrupuleusement la géométrie art déco. Ses angles coupés sont une signature du style : ils donnent au bijou sa modernité.

Pour la topaze, j'ai cintré une fine bande d'or au périmètre exact de la pierre afin de former le serti clos. Cette technique protège bien les angles vifs de la taille émeraude, justement là où le clivage rend la pierre vulnérable. Les petits diamants, eux, venaient des anciens bijoux de ma cliente. Je les ai triés à la loupe x10, en vérifiant pureté, couleur et calibrage, pour que la couronne du halo soit parfaitement homogène. Leurs logements ont ensuite été creusés à la fraise conique, à un rythme régulier : en style art déco, la symétrie doit être millimétrée.

Est venu le temps du sertissage. J'ai posé la topaze dans son serti clos, puis rabattu la bande d'or sur son feuilleti avec l'onglette, par pressions progressives. Chaque diamant du halo et du pavage a été monté en serti grains, à l'échoppe puis au perloir. La bague a enfin été poncée, polie à la feutre puis au coton, avant son bain de rhodium.

La remise de la bague : le style de ses rêves au doigt

Quand ma cliente a glissé cette bague art déco sur mesure à son doigt, son sourire disait tout. Elle portait enfin le style dont elle rêvait depuis longtemps, façonné avec ses propres bijoux et dans le respect de son budget. Une chaîne cassée, deux bagues démodées et quelques diamants oubliés étaient devenus une pièce qu'elle portera tous les jours.

Si vous gardez vous aussi des bijoux anciens dans un coffret, et qu'une idée vous trotte en tête, venez m'en parler à mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, au sud de Nantes. Nous regarderons ce que vous avez, nous parlerons de vos envies, et nous verrons ensemble ce qu'il est possible d'imaginer.