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Créations · 3 septembre 2026

Bijoux sur mesure à Nantes : un solitaire né dans mon atelier

Bijoux sur mesure à Nantes : un solitaire né dans mon atelier

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Créations

bijoux de createur situé dans la boutique maupas sehikyan a saint sebastien sur loire

Certaines maisons de joaillerie sous-traitent, distribuent ou revendent. Moi, je fabrique. Dans mon atelier-boutique du 36 rue du Général De Gaulle, à Saint-Sébastien-sur-Loire, au sud de Nantes, chaque bijou est mené de la fonte de l'or jusqu'au dernier geste de sertissage, sous mes yeux et entre mes mains. Pour vous montrer ce que cela change, je vous emmène dans la création d'un solitaire diamant à quatre griffes, l'une des pièces les plus emblématiques de mon atelier.

Un rendez-vous à l'atelier, là où naissent les bijoux sur mesure

Tout commence par une porte qui s'ouvre. Un client entre, avec l'envie d'un solitaire. Je ne sors pas de catalogue. Je l'invite à s'asseoir, et nous parlons : de la personne qui portera la bague, de ce qu'elle aime, de la manière dont elle vit avec ses mains. Ce premier rendez-vous sert à comprendre, rien d'autre. Un bijou sur mesure se construit d'abord avec des mots.

Viennent ensuite les croquis, plusieurs, tous dessinés à la main. Parfois j'ajoute un rendu 3D pour que le client voie la bague avant qu'elle existe, et, si le projet l'exige, je prépare une maquette en cire. Rien n'est figé tant que le dessin ne ressemble pas à ce que l'on imaginait.

Cet atelier de joaillerie est un vrai laboratoire. On y trouve une forge à or avec ses creusets réfractaires, un banc de bijoutier garni de ses outils (scie bocfil, triboulet, lime aiguille, onglette, échoppe, perloir, fraises coniques), une presse à laminer, un banc à étirer, un poste de fonte à cire perdue et, pour finir, le poste de polissage avec ses feutres et ses cotons. Tout ce qu'il faut pour que le bijou ne quitte jamais mes mains avant d'être terminé.

Choisir le diamant et l'or d'un solitaire sur mesure

Une fois le dessin retenu, nous choisissons la pierre ensemble. Je suis à la fois négociant en pierres précieuses et joaillier créateur, et cette double casquette me permet de sélectionner les gemmes à la source (Cambodge, Sri Lanka, Madagascar, Colombie) avant de les intégrer à mes créations. Peu d'artisans le font : la plupart dépendent d'intermédiaires.

Pour le diamant, nous passons à la loupe x10. Couleur, pureté, taille, calibrage : ces quatre critères, que l'on appelle les 4C, font la beauté de la pierre autant que sa valeur. Je laisse le client regarder, comparer, poser ses questions. Quand la pierre est validée, nous parlons du métal : or jaune, or blanc ou or rose, toujours en 18 carats.

De la fonte de l'or au jonc : le bijou fait main à l'établi

L'or est fondu sur place, à environ 1 064 °C, sa température de fusion. Lorsqu'un client apporte d'anciens bijoux, une pratique de plus en plus fréquente, chaque pièce est pesée, contrôlée, puis fondue avec le reste. Le métal est purifié au borax, puis coulé en lingot propre. Voilà qui donne à la bague une histoire connue, et transparente.

Le lingot passe ensuite entre les rouleaux d'acier de la presse à laminer. Étiré au banc, à travers des filières successives, il devient un fil rond qui servira au jonc. Ce fil est cintré au triboulet, un cône d'acier gradué, pour épouser exactement le tour de doigt du client, puis les extrémités sont brasées à la flamme pour former l'anneau.

Le chaton, lui, demande une attention particulière. Les quatre griffes sont façonnées séparément dans un fil plus épais, découpées à la scie bocfil, ajustées à la lime aiguille, puis brasées symétriquement sur le corps de la bague. Chacune doit avoir la même hauteur, la même inclinaison, le même angle. Sans cela, la pierre ne tiendrait pas droit. Ce travail de bijou fait main ne tolère pas l'à-peu-près.

Le sertissage et le polissage : l'instant de vérité

Vient l'étape que je considère comme la reine : le sertissage. Le diamant est déposé dans son chaton, puis, avec mon onglette et sous la loupe de gemmologue, je rabats les griffes une à une sur le feuilleti de la pierre, c'est-à-dire sa ligne équatoriale, avec une pression progressive. Un décalage d'un dixième de millimètre suffit à fragiliser la pierre ou à gâcher l'harmonie du bijou. Les pointes sont ensuite boulées à la fraise cloche pour un fini net.

Le sertissage a ses techniques, chacune adaptée à une pierre et à un usage :

  • le serti à griffes, le plus courant pour un solitaire, où de petites tiges de métal maintiennent la pierre ;
  • le serti clos, qui enveloppe la pierre d'une bande continue, idéal pour les gemmes fragiles comme l'émeraude, l'opale ou la topaze ;
  • le serti grains ou pavage, pour aligner de petits diamants en une surface lumineuse ;
  • le serti rail ou canal, pour placer des pierres carrées entre deux bandes parallèles ;
  • le serti chatons, où chaque pierre reçoit son propre écrin circulaire.

Reste le polissage. La bague est d'abord poncée, puis passée au feutre pour effacer les traces d'outils, enfin au coton pour révéler l'éclat miroir. Si la création est en or blanc, un bain de rhodium vient parfaire sa blancheur.

La remise de la bague, et l'invitation à pousser la porte

Il y a un moment que j'aime plus que les autres : celui où la bague, enfin terminée, est présentée à son propriétaire. Après les croquis, la fonte, les heures à l'établi, elle repose là, dans la paume, et ce n'est plus un projet. C'est un objet qui a un auteur, une origine et une raison d'être. Le client sait par quelles mains elle est passée, et d'où vient chaque gramme d'or.

Si vous avez en tête un solitaire, une alliance, une chevalière, un pendentif ou une pièce plus singulière, venez en parler à l'atelier, au 36 rue du Général De Gaulle, à Saint-Sébastien-sur-Loire, tout près de Nantes. Nous prendrons le temps de regarder ensemble ce que vous imaginez, et de voir comment le faire naître.