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Bagues · 3 septembre 2026

Bague topaze bleue sur mesure à Nantes : plusieurs bijoux, une bague

Bague topaze bleue sur mesure à Nantes : plusieurs bijoux, une bague

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Bagues

Bague en or blanc 18 carats ornée d'une aigue-marine ovale, d'un entourage de diamants et de tsavorites vertes, bijou raffiné de haute joaillerie.

Certaines créations sont des sommes d'histoires. Celle dont je vous parle aujourd'hui est née dans mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, au sud de Nantes, d'un souhait très simple en apparence : réunir plusieurs bijoux familiaux et personnels en une seule pièce, que ma cliente pourrait enfin porter chaque jour. Le résultat est une bague topaze bleue sur mesure en or blanc 18 carats, entourée d'un halo de diamants, puis d'un second halo de grenats tsavorites. Je vous raconte comment elle a vu le jour.

Un coffret en bois posé sur l'établi : la demande d'une cliente

Un jour, une cliente a poussé la porte de mon atelier, un grand coffret en bois entre les mains. Elle l'a posé avec précaution sur ma table de travail, comme on dépose un objet fragile. Quand elle l'a ouvert, c'est tout un pan de vie qui m'est apparu : une bague ancienne en or blanc 18 carats transmise par sa mère, quelques diamants récupérés sur des boucles d'oreilles dépareillées, une chaîne cassée et deux grenats tsavorites rapportés d'un voyage en Afrique de l'Est.

Son idée tenait en peu de mots, mais elle était d'une grande justesse. Chacun de ces bijoux appartenait à un chapitre différent : sa mère, ses années d'étudiante, ses voyages, ses cadeaux d'anniversaire. Tous portaient un souvenir, aucun n'était plus porté. Elle voulait les rassembler dans une seule bague, un geste quotidien à son doigt qui condenserait toute cette histoire. C'est exactement le genre de transformation de bijoux anciens que j'aime accompagner.

Nous avons longuement échangé. Elle aime les couleurs, elle désirait une pièce lumineuse, joyeuse, à l'image de sa personnalité. Le vert des tsavorites lui rappelle la nature et ses voyages : il devait être présent, sans discussion. Restait à trouver la pierre centrale. Je lui ai présenté plusieurs gemmes de mon stock. Une topaze bleue de teinte Sky Blue a immédiatement capté son regard, et son bleu limpide dialoguait déjà avec le vert intense des grenats.

J'ai alors sorti mon carnet et tracé plusieurs croquis. Le dessin retenu place la topaze au centre, en serti à griffes, cernée d'un premier halo de diamants blancs puis d'un second halo de tsavorites. Le corps de bague, dédoublé, reçoit un pavage de diamants sertis en grains sur chaque branche. Le projet était validé.

Topaze bleue et grenat tsavorite : le bleu et le vert en dialogue

Avant de passer à l'établi, permettez-moi de vous présenter ces deux gemmes, car elles méritent qu'on s'y arrête.

La topaze bleue, douceur d'un ciel matinal

La topaze bleue est une pierre fine, un fluorosilicate d'aluminium. Avec une dureté de 8 sur l'échelle de Mohs, elle compte parmi les minéraux les plus résistants employés en joaillerie. On la rencontre en trois grandes nuances : Sky Blue, un bleu ciel léger, Swiss Blue, plus vif, et London Blue, plus profond. Celle que ma cliente a choisie évoque un ciel de matin clair ou les eaux d'un lagon.

Le grenat tsavorite, une rareté verte

Le grenat tsavorite reste l'une des gemmes les plus méconnues. Il a été découvert en 1967 par le gemmologue Campbell Bridges et tire son nom du parc national de Tsavo, au Kenya. La maison Tiffany & Co. lui a donné son nom commercial en 1974. Cette variété de grenat grossulaire ne provient que de deux gisements dans le monde, au Kenya et en Tanzanie.

Selon les gemmologues, il serait de 200 à 1 000 fois plus rare que l'émeraude. Son vert profond doit son intensité au chrome et au vanadium présents dans sa structure cristalline. Contrairement à l'émeraude, il n'est jamais traité : sa couleur est entièrement naturelle. Avec une dureté de 7 à 7,5, il supporte très bien le port quotidien, ce qui comptait beaucoup pour une bague destinée à ne plus quitter sa propriétaire.

Associés, le bleu et le vert composent un contraste d'une grande douceur, qui rappelle les paysages tropicaux. Les petits diamants du halo intermédiaire et des branches apportent la brillance blanche qui relie l'ensemble. J'ai trié chaque pierre à la loupe x10 : pureté, calibrage, homogénéité de couleur. Les deux tsavorites de ma cliente ont été complétées par quelques pierres de mon stock afin de former le halo entier.

Fabriquer une bague halo en or blanc, à la main, près de Nantes

Vient ensuite le temps du métal. Tout a été réalisé sur place, à la main, dans mon atelier de joaillerie de Saint-Sébastien-sur-Loire.

J'ai commencé par fondre l'or blanc 18 carats provenant des anciens bijoux. Chaque pièce a été pesée et contrôlée, puis le métal a été purifié au borax pour chasser les impuretés avant d'être coulé en lingot. Je ne cache pas que ce moment me touche toujours : plusieurs bijoux distincts, plusieurs époques, se retrouvaient réunis dans une seule matière.

Le lingot a ensuite été laminé en plaque, puis étiré au banc pour obtenir les sections nécessaires. Le corps de bague dédoublé a exigé un soin particulier : deux branches ont été découpées à la scie bocfil, cintrées séparément au triboulet, puis assemblées en jonc partagé. Pour la monture centrale, j'ai façonné les griffes à partir d'un fil rond et les ai ajustées une à une à la lime aiguille.

L'étape la plus délicate, c'est la construction des deux halos. Chaque logement, celui des diamants comme celui des tsavorites, a été creusé à la fraise conique, selon un rythme parfaitement régulier. La symétrie doit être millimétrique, car le moindre décalage romprait l'harmonie du cercle. Les emplacements du pavage, sur les deux branches, ont été préparés de la même façon.

Le sertissage a suivi. La topaze a été enchâssée dans ses griffes, rabattues à l'aide de mon onglette. Chaque diamant du premier halo a été monté en serti grains, formant un anneau de lumière, puis les tsavorites du second halo ont reçu le même traitement et apporté leur vert éclatant. Les diamants des branches ont enfin été fixés à l'échoppe et au perloir. Pour terminer, la bague a été poncée, polie à la feutre puis au coton, et rhodiée pour obtenir un éclat blanc miroir.

Le jour de la remise : sa mère, ses voyages, un seul bijou

Lorsque ma cliente a passé la bague à son doigt pour la première fois, elle n'a presque rien dit. L'émotion parlait pour elle. Elle portait désormais, en un seul bijou, sa mère, ses voyages et son amour de la nature. Le coffret en bois, lui, pouvait rester fermé : plus rien n'y dormait.

Si vous aussi conservez des bijoux anciens, brisés ou simplement oubliés, et que vous rêvez d'en faire une pièce qui vous ressemble, venez en parler à l'atelier, à Saint-Sébastien-sur-Loire, au sud de Nantes. Apportez votre coffret, racontez-moi ce qu'il contient, et nous chercherons ensemble la forme que pourrait prendre votre histoire.