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Bagues · 2 juin 2026

Bague spinelle or jaune sur mesure à Nantes : une gemme rare

Bague spinelle or jaune sur mesure à Nantes : une gemme rare

Publié le par Olivier Maupas-Sehikyan · Bagues

Bague en or jaune avec pierre centrale violette type améthyste et pavage de diamants

Il y a des projets qui commencent par un petit sachet posé sur l'établi. Celui-ci contenait de vieux bijoux en or jaune et une poignée de petits diamants. Ce jour-là, une cliente est entrée dans mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire avec une envie nette : donner une seconde vie à ce qu'elle avait reçu de sa famille. Je vous raconte comment est née cette bague spinelle or jaune sur mesure.

Une demande claire : transformer des bijoux de famille

Ces pièces venaient de sa famille. Elles avaient une valeur sentimentale évidente, mais elles ne correspondaient plus à son style. Elle ne voulait ni les vendre ni les laisser dormir dans un tiroir. Elle voulait transformer ses bijoux anciens en un seul bijou qui lui ressemble : une bague moderne, plus large, à la silhouette affirmée, avec une pierre centrale qui retienne le regard.

J'ai pris le temps d'examiner l'or et les diamants. L'or jaune 18 carats pouvait être refondu et réutilisé. Les petits diamants, une fois triés et nettoyés, trouveraient leur place dans un pavage. Cette matière héritée devenait le point de départ de la création, et cela m'a touché : la bague porterait quelque chose de ceux qui l'avaient précédée.

Restait à choisir la pierre. Ma cliente a parcouru mes vitrines, hésité entre le saphir, le rubis, l'améthyste. Aucun ne la convainquait vraiment. J'ai alors sorti de ma collection personnelle une gemme que le grand public connaît peu : un spinelle gris-violet taille coussin. Sous la lumière, il passait de la lavande au pourpre cendré, avec des reflets argentés. Le coup de cœur a été immédiat.

Le spinelle gris-violet taille coussin, une gemme à découvrir

Le spinelle gris-violet mérite qu'on s'y arrête. C'est un oxyde d'aluminium et de magnésium, de structure cristalline cubique, qui offre un éclat vitreux très vif. Sa dureté atteint 8 sur l'échelle de Mohs : il supporte donc très bien le port quotidien, ce qui comptait pour une bague destinée à être portée souvent.

L'histoire a longtemps confondu cette pierre avec le rubis. Le « Rubis du Prince Noir » de la couronne britannique et le « Rubis Timur » se sont révélés être des spinelles. Je raconte volontiers cette anecdote à mes clients, parce qu'elle rappelle qu'une pierre peu connue n'est pas une pierre secondaire. Les teintes violettes doivent leur couleur au fer présent dans le cristal, et les nuances grises ajoutent une sophistication discrète que j'apprécie particulièrement.

La taille coussin a fait le reste. Cette coupe, entre le rond et le carré, aux angles adoucis et aux facettes généreuses, donne à la gemme une présence douce, presque enveloppante. Elle renvoie la lumière sans la brusquer, ce qui convenait à la personnalité de ma cliente.

Du croquis à la cire : la fonte à cire perdue

J'ai ensuite pris mes crayons. Plusieurs croquis ont été tracés, puis un modèle a été retenu : un anneau large à la forme architecturée, un spinelle central serti dans un écrin fermé, et de chaque côté un épaulement pavé de diamants. Les diamants ne devaient pas éblouir. Leur rôle était d'accompagner la pierre, de former autour d'elle un halo lumineux.

Pour réaliser ce dessin, j'ai choisi la fonte à cire perdue, une technique très ancienne qui permet de reproduire fidèlement des volumes complexes. J'ai d'abord sculpté une maquette en cire aux dimensions exactes de la future bague. Les volumes ont été modelés à la main, les logements des pierres préparés, les épaulements profilés. Ma cliente a pu tenir cette maquette entre ses doigts et en éprouver la largeur, le poids visuel, l'équilibre. C'est une étape que j'aime beaucoup : le bijou cesse d'être une image et devient un objet.

La cire validée a été fixée sur une tige, puis plongée dans un cylindre rempli de plâtre réfractaire. Une fois le plâtre pris, j'ai chauffé le cylindre : la cire a fondu et s'est échappée, laissant une cavité parfaite. L'or jaune 18 carats issu des anciens bijoux a alors été porté à 1 064 °C, puis coulé sous pression dans le moule. Le métal a épousé chaque détail. Ce moment a un petit côté solennel : l'or des générations précédentes prenait la forme d'une bague nouvelle.

Sertissage et polissage : donner vie à la bague

Après refroidissement, la bague brute a été extraite, nettoyée, limée et ajustée à la main. J'ai préparé les emplacements des diamants à la fraise conique et creusé l'écrin du spinelle, avec le souci que la pierre repose parfaitement.

Vient alors le sertissage, que je considère comme le cœur du métier. Le spinelle a été enchâssé en serti clos : une fine bande d'or enveloppe la gemme et la protège durablement, ce qui convient à une pierre portée chaque jour. Les diamants, eux, ont été montés en serti grains. À l'aide de mon échoppe, j'ai soulevé de minuscules copeaux d'or, rabattus puis arrondis au perloir pour former ces petites perles de métal qui retiennent chaque pierre. Un travail de patience, loupe devant l'œil, où un geste trop appuyé se paie cher.

Le polissage a clos la fabrication. La bague a été poncée, puis polie au feutre et au coton, jusqu'à ce fini miroir qui révèle toute la chaleur de l'or jaune. Le spinelle gris-violet, lui, semblait avoir trouvé son métal : le jaune réchauffe les reflets argentés de la pierre et leur donne de la profondeur.

La remise de la bague

Le jour de la remise, ma cliente a glissé la bague à son doigt et est restée silencieuse un moment. Puis son émotion est venue, simple, sans mots superflus. Elle retrouvait dans ce bijou l'or et les diamants de sa famille, mais dans une forme qui lui appartenait enfin. C'est ce moment-là qui me rappelle pourquoi je fais ce métier : un bijou unique est avant tout une histoire partagée.

Si vous avez, vous aussi, des bijoux anciens qui dorment dans un tiroir, ou l'envie d'une pierre moins courante, vous êtes les bienvenus à mon atelier de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. Nous prendrons le temps d'en parler, autour d'un café et de quelques pierres, sans engagement.